Choisir le bon logiciel SCADA ne garantit pas la réussite du projet


Mythes vs réalités

Choisir le bon logiciel SCADA ne garantit pas la réussite du projet

Analyse terrain proposée par Olivier Marin, Expert SCADA et MES chez 2Gi Technologie.
Lorsqu'une entreprise industrielle entame un projet, elle met souvent la priorité sur le choix du logiciel. Cette démarche est légitime.

Pourtant, elle entretient l'idée reçue encore très répandue selon laquelle la réussite du projet dépend avant tout du choix du logiciel.  Ce qui est totalement faux. 

L’usage d’un même logiciel dans deux contextes différents peut donner des résultats radicalement différents : d'un côté, un système utilisé, fiable et évolutif ; de l'autre, des données peu fiables et une supervision difficile à maintenir.

Et ce parce qu'un projet SCADA ne se résume jamais au choix d'un logiciel !

Choisir le bon logiciel SCADA paraît être la priorité… 

Quand un industriel lance un projet SCADA, le logiciel est souvent la première chose qu’il voit. C’est l’élément le plus concret, celui que l’on peut tester, comparer, montrer en réunion. Il demande des démonstrations, compare les fonctionnalités, les performances, les modèles de licence, les capacités de reporting ou les possibilités d’intégration pour choisir le meilleur logiciel.

Et le raisonnement paraît logique. Si l’outil est performant, reconnu sur le marché et déjà utilisé par d’autres industriels, alors il devrait permettre de réussir le projet.

Les discours du marché renforcent aussi cette idée. Certains éditeurs parlent de solutions puissantes, modulaires, rapides à déployer, parfois même “clé en main”. Tout donne donc l’impression que le logiciel porte à lui seul une grande partie de la valeur du projet.

… mais le logiciel SCADA n'est qu'une brique de la solution

Mais le logiciel n’est que la partie visible du projet. 

Or, ce qui fait la réussite d’un projet SCADA se joue souvent dans des éléments moins palpables liés à la méthodologie  : les choix de conception, l’architecture, l’organisation des données, la compréhension des usages terrain, la capacité à anticiper les évolutions futures.

Le logiciel en lui-même n’apporte pas la valeur qu’on lui donne.


Un logiciel offre des possibilités. Mais il ne décide pas comment les données doivent être structurées, comment les équipements vont communiquer, comment les historiques seront exploités, comment les écrans seront construits ou comment le système pourra évoluer dans cinq ans sans devoir être repensé en profondeur. Pour chaque cas, les besoins sont profondément différents.


La différence se fait donc dans la manière dont le logiciel est adapté au besoin métier, au contexte industriel et aux contraintes réelles d’exploitation.

Pourquoi certains projets échouent malgré un bon logiciel SCADA 

Croire que le logiciel fait la solution conduit souvent à sous-estimer tout le reste. Et les conséquences peuvent apparaître très vite, ou au contraire plusieurs mois après la mise en service. Et elles sont nombreuses :

  • Les données remontent, mais elles ne sont pas fiables. 
  • Les vues de la plateforme ne correspondent pas aux besoins des opérateurs.
  • Les évolutions deviennent complexes et coûteuses.
  • La maintenance prend de plus en plus de temps. 
  • Le système est trop complexe par rapport aux besoins.

Prenons un exemple terrain dans le secteur de l’eau. Un projet de supervision avait été mis en place pour une cinquantaine de sites. 

Le logiciel utilisé était parfaitement adapté au besoin. Pourtant, les erreurs étaient nombreuses et le système difficile à maintenir. 

Lorsque l’équipe de 2Gi Technologie a repris le projet, l’origine du problème est apparue clairement : chaque site avait été développé individuellement. Cinquante sites. Cinquante copier-coller.


Cette approche implique que la moindre modification doit être reproduite partout, cinquante fois. Les écarts entre les sites se sont multipliés. Les erreurs aussi.

Le problème n’était pas le logiciel mais la conception, qui nécessitait une logique de réutilisation et de standardisation afin d'éviter de recréer les mêmes développements pour chaque site. 

La solution : choisir un bon logiciel SCADA mais surtout le bon intégrateur

Choisir un bon logiciel SCADA reste indispensable. Mais ce choix ne suffit pas si la solution n’est pas correctement pensée, structurée et adaptée au contexte industriel.

C’est là que le rôle de l’intégrateur devient déterminant.

Un bon intégrateur ne s’arrête pas au choix de la technologie. Il ne se contente pas de déployer un outil ou de suivre une logique de paramétrage.

Il cherche d’abord à comprendre le métier du client, le contexte, les objectifs à atteindre, les usages, les contraintes et les évolutions possibles du projet.

Il réfléchit dès le départ à l’évolutivité du système. Il structure les données. Il évite les copier-coller qui semblent pratiques au début mais deviennent ingérables ensuite. Il construit une architecture cohérente, capable d’évoluer avec la vie du site industriel.


Il anticipe aussi les besoins futurs, plutôt que de répondre uniquement au besoin immédiat.

Car un projet SCADA ne reste jamais figé. 

Les équipements évoluent, les usages changent, les volumes de données augmentent, les attentes des équipes aussi.

"
Le vrai risque n'est donc pas de choisir le mauvais logiciel. 
Le vrai risque est de croire que le logiciel est la solution.

Olivier Marin,
Chef de projet et concepteur-développeur chez 2Gi Technologie

Le logiciel n'est pas votre solution !

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